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Références nationales de débitmétrie gazeuse du LNE-LADG
Ce dossier présente les références mises en œuvre par le LNE-LADG pour assurer la traçabilité des mesures de débits de gaz à haute pression. La particularité de la chaîne de traçabilité assurée par le LNE-LADG est l’utilisation de Venturi-tuyères en régime critique comme étalons de transfert. Ces tuyères, utilisées depuis le début des années 1970 par le laboratoire, permettent de générer et mesurer le débit de référence sur des bancs d’étalonnage et d’essais fonctionnant avec de l’air ou du gaz naturel. Cette technologie participe aujourd’hui à la définition de la valeur du « mètre cube de gaz naturel à haute pression de référence » établit au travers de l’accord d’harmonisation entre la PTB, le NMi et le LNE-LADG. 1. Utilisation
de Venturi-tuyères en régime critique pour déterminer le débit massique de gaz 1.1. Définition
et principe de fonctionnement Les
Venturi-tuyères en régime critique (tuyères soniques dans la suite du dossier)
de transfert utilisées en France, sont des tuyères à col cylindrique dont la
géométrie est définie dans la norme NF EN ISO 9300 [1]. Il
s’agit de restrictions convergentes puis divergentes que l’on insère dans des
systèmes de mesure de débit. La tuyère sonique à col cylindrique est composée
d’un col convergent cylindrique (entrée) tangent d’une part au plan d’entrée et
à un divergeant conique par lequel le fluide s’échappe (figure 1).
Fig. 1. -
Profil de la tuyère sonique. (le
support de montage est représenté en pointillés) Le
fonctionnement théorique des tuyères soniques a été décrit par Saint Venant,
Stokes, Wilde et Reynolds. Le principe repose sur le fait que le gaz qui
transite au travers de la tuyère accélère jusqu’à la vitesse critique, qui est
égale à la vitesse du son, au niveau du col. En utilisant le principe de
conservation des masses et la loi de l’expansion isentropique, on montre qu’à
la vitesse critique, le débit massique au travers de la tuyère ne dépend que
des conditions en amont de la tuyère. La vitesse critique est atteinte lorsque
le rapport entre les valeurs de pressions amont et aval est supérieur à un
certain ratio. Dans ce cas on dit que la tuyère fonctionne en mode sonique. La
théorie permet alors de calculer le débit massique, qm, qui
transite dans la tuyère par la formule suivante :
avec
et :
Cette
formule n’est toutefois valable que si les quatre conditions suivantes sont
réalisées :
Dans la
pratique, les conditions (C1) ne sont pas vérifiées. Pour déterminer le débit
massique à l’aide d’une tuyère à partir des conditions amont, la formule (1)
doit être transformée en introduisant la fonction de débit critique
Remarque :
dans la pratique La
fonction de débit critique Dans la
pratique la relation (2) peut aussi être utilisée sous sa forme équivalente
(3) :
dans
laquelle CR est le coefficient de débit critique pour un
écoulement monodimensionnel d’un gaz réel posé égal à Remarque : la
relation (3) se démontre à partir de la relation (2) en utilisant l’équation
des gaz parfaits. Lors des
étalonnages, le coefficient de décharge est déterminé pour différentes valeurs
du nombre de Reynolds au col, Red, dont la valeur s’exprime
par la formule (4) :
avec :
1.2. Intérêt
des tuyères soniques Les tuyères soniques sont des instruments de mesure particulièrement adaptés pour le comptage des débits de gaz sous pression pour les raisons suivantes : -
elle sont très stables puisqu’elles ne comportent aucune
parties mobiles ; -
leurs mesures ne sont pas perturbées par les conditions de
débit aval et les conditions de montage sont peu contraignantes ; -
les incertitudes de mesure sont faibles puisqu’elle ne
dépendent pratiquement que de l’exactitude des instruments de mesure
associés ; -
enfin, chaque tuyère est étalonnée par la détermination de
la valeur de son coefficient de décharge, CD, en fonction du
nombre de Reynolds, Re, qui est également une grandeur sans dimension.
Cette courbe d'étalonnage est donc indépendante du gaz considéré. La fiabilité de la technologie des tuyères soniques est également confirmée par les résultats de comparaisons [2]. 2. Chaîne
de traçabilité française La chaîne de traçabilité mise en œuvre par le LNE-LADG est composée du banc PISCINE d’étalonnage primaire des tuyères et de bancs secondaires (banc HP M1 et banc PLAT) sur lesquels les tuyères soniques sont utilisées comme étalons de transfert (figure 2). Ces bancs secondaires sont situés à Alfortville (Gaz de France) et à Poitiers (CESAME) et utilisent une méthode par comparaison pour l’étalonnage des débitmètres.
Fig. 2. – Bancs utilisés pour assurer la traçabilité. La figure 3 présente la chaîne de traçabilité. Celle-ci est légèrement différente en fonction de la taille de la tuyère sonique utilisée comme référence. Lorsque le diamètre du col de la tuyère sonique est supérieur à 20 mm, une étape supplémentaire est nécessaire. Fig. 3. – Chaîne de traçabilité. 3. Le
banc primaire PISCINE Contrairement
aux autres bancs d’essais primaires étrangers qui utilisent une méthode
massique pour étalonner une tuyère, le choix a porté sur une méthode
d’étalonnage volumétrique. En effet, lors de la conception du banc au début des
années 1970, il n’existait pas de technologies disponibles à même de garantir
des incertitudes de mesure suffisantes en utilisant la méthode massique. La
méthode volumétrique, aussi appelée PVTt (Pression, Volume, Température et
temps), consiste à déterminer le coefficient de décharge CD
en utilisant un réservoir de volume connu placé en série avec la tuyère à
étalonner. Les masses de gaz sont déterminées à partir des différents volumes
de l’installation qui sont connus, et des masses volumiques déterminées
notamment par des mesures de pressions et de températures. L’ensemble de
l’installation est placé dans un bain d’eau thermostaté de manière à maintenir
la température du gaz pendant les mesures à (20 ± 2) °C. Le
principe de fonctionnement est décrit sur la figure 4. Fig. 4. – Principe de fonctionnement du banc PISCINE. A partir des informations
de la figure 4, à l’état initial, la masse de gaz présente entre les vannes V1
et V2 vaut :
et à
l’état final : Les masses volumiques sont calculées à partir des mesures de pression, de température et des coefficients de compressibilité. Les volumes sont connus par étalonnage. A partir
de (5) et (6), le débit massique ayant transité par la tuyère pendant la durée t
est calculé par la relation :
Les
relations (3) et (7) permettent de calculer le coefficient de décharge :
Remarque :
dans la pratique, le produit 4. Accord
d’harmonisation entre la PTB, le NMi et le LNE-LADG La
mise en œuvre d’une valeur de référence dans le domaine de la débitmétrie du
gaz naturel résulte d’une coopération étroite entre plusieurs LNM européens
disposant de références pour le débit de gaz naturel haute pression. Le 1er
juin 1999, la PTB (Allemagne) et le NMi-VSL (Pays-Bas) ont harmonisé la valeur
de leur mètre cube de gaz naturel à haute pression. Le 4 mai 2004, le LNE-LADG
a rejoint cet accord d’harmonisation. Le principe de l’accord a fait l’objet de
plusieurs communications ([3], [4]). Cet accord prévoit que les participants
doivent : -
posséder une chaîne de traçabilité indépendante des autres
participants, -
prouver une certaine stabilité de leurs références sur
plusieurs années ; -
corriger leur mesures pour parvenir à une valeur de
référence. Les corrections à apporter
sont déterminées par des comparaisons. La valeur de référence harmonisée (appelés VRH par la suite) est construite à partir d’au minimum trois références indépendantes. Celle-ci est calculée par la moyenne pondérée des différentes valeurs de référence à partir de la formule :
dans
laquelle vlab,i est la valeur mesurée par le ie
laboratoire, et wlab,i la pondération associée à la mesure de
ce laboratoire définie par :
avec Uk
l’incertitude élargie du ke laboratoire. Remarque :
cette pondération revient à donner plus d’importance à une mesure dont
l’incertitude est faible. Avec ces
notations, l’incertitude élargie sur la valeur de VRH vaut : 5. Possibilités
d’étalonnage 5.1. Banc
primaire PISCINE Le banc
primaire PISCINE permet de mesurer directement le produit
5.2. Banc
secondaire PLAT Sur le banc secondaire PLAT, le compteur est monté en série avec une ou plusieurs tuyères soniques étalons. L’étalonnage conduit à déterminer : -
l’écart entre le
débit étalon et le débit mesuré par le compteur en essai ; -
ou le coefficient de décharge dans le cas de l’étalonnage
d’organes déprimogènes ou d'organes soniques.
5.3. Banc
secondaire M1 Sur le banc secondaire M1, le compteur est monté en série avec une ou plusieurs tuyères soniques étalons. L’étalonnage conduit à déterminer : -
l’écart entre le débit étalon et le débit mesuré par le
débitmètre ou compteur en essai ; -
ou le coefficient de décharge dans le cas de l’étalonnage
d’organes déprimogènes ou d'organes soniques.
Références
[1] : Afnor,
« Mesure de débit de gaz au moyen de Venturi-tuyères en régime
critique », NF EN ISO 9300, août 2005. [2] : Mickan
B., Kramer R., Dopheide D., Hotze H-J, Heino-Michael Hinze, Johnson A., Wright
J. et Vallet J.-P.,
“Comparisons by PTB, NIST, and LNE-LADG in air and natural gas with critical
Venturi nozzles agree within 0.05 %”, 6e ISFFM, Queretaro,
Mexique, 16-18 mai 2006. [3] : van
der Beek M.J., Landheer I.J., Mickan B., Kramer R. et Dopheide D., “Unit
of volume for Natural gases at operational conditions: PTB and NMi-VSL
disseminate Harmonized Reference Values”, Actes de la conférence FLOMEKO
2003, Groningen, Pays Bas, mai 2003. [4] : Mickan
B., Kramer R., Dopheide D., van der Beek M.J. et Blom G.., “The
harmonized high-pressure natural gas cubic meter in Europe and its benefit for
user and metrology”, Actes de la conférence FLOMEKO 2004, Guilin, Chine,
septembre 2004.
Florian PlatelDirection de la Recherche Scientifique et Technologique Laboratoire
National de métrologie et d’Essais Jean-Pierre
Vallet CESAME Laboratoire Associé de Débitmétrie Gazeuse Olivier GorieuGaz de
France Laboratoire
Associé de Débitmétrie Gazeuse |
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